Titre

Informations :

Au japon :
1ère publication : Décembre 1999
Magazine de prépublication : Young Jump
Editeur : Shueisha
Sortie des chapitres : Toutes les deux semaines
Statut : En cours / 28 Tomes de sortis
En France :
1ère publication : 2001
Editeur : Tonkam
Parution des tomes : Tous les 6 mois
Prix : 9€
Statut : En cours / 27 Tomes de sortis

Critique :

Publié par le magazine Young Jump au Japon depuis 2000, puis en tomes reliés par Shueisha, Gantz a connu un rapide succès puisque même pas deux ans après sa publication au Japon, Tonkam avait déjà acquis les droits pour ce manga. Pourtant, j'étais loin d'imaginer un tel "succès" vu le thème abordé. Un lycéen banal et obsédé ainsi que son ami d'enfance se font écraser par un train en voulant aider un clochard. Avant que ceux-ci ne meurent, on peut lire les pensées des personnes assistant à cette scène "ça vous apprendra à jouer les héros"; "Cool je vais voir quelqu'un mourir"; "Je vais prendre une photo...". Mais sauvés in-extrémis par une sphère qui répond au nom de Gantz, ils devront faire une chasse aux martiens pour récupérer leurs vies.
L'entrée en matière est des plus originales et on se demande où veut en venir l'auteur. En une quarantaine de page, on peut voir des personnes décapitées, des passants complètement insensibles au plus atroce des spectacles, une jeune fille dans le plus simple appareil qui manque de se faire violer... On est donc en droit de s'interroger sur les intentions de l'auteur qui, à première vue, cherche à rassembler tous les mauvais côtés que pouvait avoir l'être humain dans un manga sans queue ni tête.

Mais en réalité, tout ceci est bien plus profond. Hiroya Oku fait une critique acerbe de la société actuelle où les Hommes ne sont attirés que par l'argent et où une seule loi régit le monde : Chacun pour soi! Les Hommes ne soucient plus de rien : un homme peut mourir, une fille peut se faire violer sous leurs yeux, ils ne réagiront pas. Mais le feront-ils par peur ou tout simplement par égoïsme??! Quelle est la première chose à laquelle on pense quand on va voir quelqu'un mourir??: "Quelqu'un va bien le sauver"...non, mais plutôt "Je vais peut-être voir quelqu'un mourir". Et c'est à travers ces scènes très crues que l'auteur cherche à nous faire réagir. Il faut laisser tomber les comportements égoïstes qui ne mènent nulle part et apprendre à se soucier des autres. Ce message est bien illustré par l'évolution du héros qui comprendra tout ça... une fois que tout ce qu'il avait de plus cher disparaîtra.
Et c'est également là que l'on reconnaît le talent de l'auteur. Au bout de plus de 20 tomes, des rebondissements plus fous les uns que les autres s'enchaînent parfaitement suscitant chez les lecteurs à la fois l'admiration et la haine envers cet homme qui n'hésite pas à sacrifier bons nombres de personnages clefs. Et même si le héros principal (Kei) ressemble de plus en plus à un super héros au fil des tomes, il ne faut pas oublier que Gantz reste un manga assez réaliste, et l'auteur nous le fait bien savoir. Les super héros n'existent pas, il n'y a que des Hommes qui essayent de faire de leur mieux tout en cherchant à survivre dans ce monde malsain qu'est le nôtre, et, comme tous les Hommes, ils commettent des erreurs.

Pour le style graphique, il n'y a rien à redire, l'auteur s'est servi de l'informatique pour réaliser ses dessins. Cela peut donner une impression de froideur mais en lisant les tomes on se rend compte que ce style colle parfaitement à l'univers de Gantz. En ce qui concerne l'histoire celle-ci peut paraître assez simpliste mais une fois plongé dedans on ne peut plus décrocher et l'on veut en savoir plus, lire la suite. Bref, Gantz est un manga qui vaut le détour, et si vous n'êtes pas convaincu allez le feuilleter dans une boutique spécialisée ou dans une fn*c histoire de juger par vous-même.

Concernant l'édition française :
Si durant les 15 premiers tomes, Tonkam nous a offert une édition de qualité, arrivé au 16ème tome, une ombre vient noircir le tableau. Pour une raison qui nous est inconnue, Tonkam a décidé de changer d'imprimeur. Résultat : un papier jaunit d'une qualité execrable. Puis, au tome 20, un petit revirement de situation. La qualité du papier s'améliore : il retrouve sa blancheur des premiers tomes et une partie de son épaisseur. On n'a pas encore retrouvé la qualité d'antan mais on en est proche. Et pour information, Tonkam nous a confié que les tomes 16, 17 et 18 seraient réédités avec un papier de meilleure qualité. Reste à savoir quand...

Les points positifs :
- Une histoire prenante.
- Un style graphique quasi irréprochable.
- Des persos charismatiques.

Les points négatifs :
- Certains bords des planches ont l’air coupé (rien de grave, on voit quand même tous les dialogues).
- Les nombreuses éfusions de sang pourraient en gêner certains.
- Un prix un peu trop élevé : 9 € (alors qu’au Japon celui-ci est vendu environ 5€ si je ne me trompe pas).